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 Au début, avec mes bons principes d’Européenne, je marchais sur les trottoirs ; j’ai très vite abandonné. Étant donné que les trottoirs font de 20 à 40 cm de hauteur, il faut monter et redescendre à chaque fois qu’une allée de garage coupe le trottoir, c’est à dire tous les 3m. À la longue, c’est épuisant. En descendant du trottoir sur la route, j’ai failli une paire de fois rester pendue aux fils électriques qui passent devant chez moi à environ 1,60m du sol, soit 1,20m du trottoir. Et puis, tout en gardant les yeux en l’air (cause fils electriques), il faut éviter les bouches d’égouts sans couvercle – bien que généralement on les sent venir – les poubelles, les arbres, les tas de sable etc. Sans compter les gens qui travaillent et qui dorment sur les trottoirs. Donc finalement j’ai reconnu qu’il était bien plus confortable et plus prudent de marcher sur la route, comme tout le monde. Pour traverser la route il suffit d'avoir un peu de patience et de savoir s'imposer. Mais attention aux bus: ils n'arrêtent devant rien.

La première chose qu'on entend en arrivant en Inde c'est un klaxon. Il semblerait que le klaxon soit un sport national car il est omniprésent partout. Il y a au moins trois raisons de klaxoner : la première, c'est que beaucoup d'automobilistes rabattent leur rétroviseur par manque de place dans le traffic quotidien et les rues trop étroites ; certains n'ont carrément pas de rétroviseur ; donc on klaxone pour prévenir que l'on va arriver à tout moment, d'un côté ou d'un autre. Tous les véhicules utilitaires et poids lourds portent même à l'arrière la mention "Sound Horn" (klaxonez) pour inciter les automobilistes à klaxoner. La deuxième raison, c'est qu'il n'y a ni règle de priorité ni signalisation : avant d'arriver à un carrefour, on klaxone et on accélère, pour être sûr de passer. C'est à celui qui klaxonera le plus fort. La troisième raison, c'est l'habitude. L'inconvénient dans cette cacophonie de klaxons, c'est qu'on finit par ne plus savoir d'où ils proviennent, donc cela ne sert quasiment à rien. Quoiqu'il en soit, compte tenu de la circulation, on voit relativement peu de voitures cabossées...un chaos organisé?
Au début quand je voyais des familles entières voyageant en moto (fillette à l'avant, puis le père, et enfin la mère derrière avec un bébé dans les bras) et des camions remplis à craquer de marchandises et des hommes encore par dessus, ou 9 personnes plus le chauffeur dans une Ricksha, je me disais que les gens étaient vraiment inconscients, limite suicidaires. Mais quand on voit les conditions de circulation en Inde, on comprend vite que tout véhicule doit être utilisé de facon optimale. À cela s'ajoute que les bus sont pleins à craquer, qu'il n'y a ni plan de lignes ni tables horaires, et qu'il n'y a à ce jour aucune alternative aux bus en terme de transports en communs à Chennai. C'est la raison pour laquelle presque tout le monde possède une moto ou un scooter. Les familles aisées possèdent aussi une voiture. Les familles encore plus aisées ont même un chauffeur. Petite anecdote: au début des années 1990 le deuxième constructeur automobile américain fit son arrivée sur le marché indien avec l'un de des modèles les plus connus - malheureusement, un flop : tout comme pour les marchés occidentaux, la voiture était équipée de lève-vitres électriques à l'avant seulement ; ainsi, le chauffeur n'avait qu'à appuyer sur le bouton, tandis que Monsieur, assis à l'arrière, était obligé de tourner la manivelle. Inacceptable...
À mon arrivée en Inde, le consulat de France à Puducherry m'a recommandé de ne pas conduire moi-même, pour des raisons évidentes de sécurité compte tenu de la circulation. Mais probablement aussi parce que cela peut devenir dangereux pour quiconque provoque un accident: dans les endroits isolés il arrive que les personnes endommagées ou leurs proches fassent justice eux-mêmes sans faire appel à la police - ou pire, avec l'aide de la police. Heureusement, mon employeur met un véhicule et un chauffeur à ma disposition pour les trajets entre mon appartement et l'entreprise - ce qui est courant dans les grandes entreprises. Ici, les chauffeurs ont une capacité remarquable à rester attentifs au volant, à réagir instantanément et, surtout, à garder leur sang-froid. Donc jusqu'ici je ne me suis jamais sentie en danger. Sauf peut-être en Ricksha...
Ici, en Tamoul comme en Anglais, on appelle les petits trois roues, généralement de couleur jaune à Chennai, non pas Ricksha mais "Auto". Difficile de négocier avec leurs chauffeurs, surtout quand on est pressé et qu'on n'a pas le temps de discuter . ..
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